Certains chiffres font grincer les dents : plus d’un coureur sur deux a déjà ressenti une douleur au genou. Chez les passionnés comme chez les débutants, l’articulation trinque souvent, victime des kilomètres accumulés et des entraînements un peu trop enthousiastes.
Face à cet inconvénient tenace, la prévention prend tout son sens. Miser sur des exercices adaptés, c’est se donner les moyens de limiter les dégâts. Renforcer, étirer, stabiliser : ces trois axes, intégrés à la routine hebdomadaire, offrent à la fois une meilleure protection des genoux et une performance durable. À la clé, moins de pépins sur la ligne d’arrivée et davantage de plaisir lors des sorties.
Comprendre d’où viennent les douleurs au genou quand on court
Les origines des douleurs au genou ne manquent pas. Chez les coureurs, plusieurs causes ressortent nettement. L’obésité amplifie la pression sur les articulations à chaque foulée, tandis que l’arthrose use progressivement le cartilage, surtout chez ceux qui cumulent des années de pratique ou reprennent la course après une longue pause.
Impossible de passer à côté du syndrome fémoro-patellaire : il crée une gêne bien localisée à l’avant du genou, souvent liée à un défaut d’alignement de la rotule et à un déséquilibre musculaire. Chez les marathoniens, le syndrome de la bandelette ilio-tibiale s’invite fréquemment, sous forme d’inflammation sur le côté externe du genou, témoin d’une sollicitation répétée.
Pour illustrer les troubles les plus courants, voici les principaux à surveiller :
- Tendinite rotulienne : Apparaît quand le tendon qui relie la rotule au tibia est trop sollicité, au fil des séances ou à cause d’une mauvaise biomécanique.
- Douleur au genou : Résulte de multiples facteurs comme l’obésité, l’arthrose, le syndrome fémoro-patellaire, la bandelette ilio-tibiale ou la tendinite rotulienne.
Mieux comprendre ces mécanismes, c’est aussi mieux adapter ses entraînements. Miser sur la prévention, via des exercices de renforcement et d’assouplissement, permet de courir plus sereinement et d’éviter de se retrouver sur la touche.
Des étirements ciblés pour ménager ses genoux
Les étirements constituent un levier efficace pour limiter l’apparition des douleurs articulaires. François Grenier, kinésithérapeute chez Kinesanté, rappelle que des muscles bien préparés encaissent mieux les chocs et protègent l’articulation. Intégrer quelques mouvements clés dans son programme peut vraiment faire la différence.
Étirement des quadriceps
Debout, attrapez votre cheville droite avec la main droite, ramenez doucement le talon vers la fesse. Tenez 30 secondes, puis changez de côté. Ce geste cible les quadriceps, indispensables à la stabilité du genou.
Étirement des ischio-jambiers
Asseyez-vous jambes tendues, penchez le buste en avant pour essayer de toucher vos orteils. Trente secondes suffisent pour relâcher la tension. Les ischio-jambiers sont souvent à l’origine de déséquilibres musculaires qui accentuent les douleurs.
Étirement de la bandelette ilio-tibiale
En position debout, croisez la jambe droite derrière la gauche, penchez-vous latéralement vers la gauche jusqu’à sentir un étirement sur le côté externe de la cuisse droite. Maintenez la posture, puis inversez. Cet exercice vise précisément la zone sensible au syndrome de la bandelette ilio-tibiale.
Pour résumer les groupes musculaires concernés lors de ces assouplissements :
- Quadriceps : Ils stabilisent le genou à chaque appui.
- Ischio-jambiers : Leur raideur favorise les déséquilibres.
- Bandelette ilio-tibiale : Son assouplissement limite le risque de douleur latérale.
Renforcer les muscles pour préserver ses genoux
Le travail musculaire reste incontournable pour qui veut courir longtemps sans douleur. François Grenier, kinésithérapeute chez Kinesanté, conseille de cibler les muscles qui maintiennent le genou en place. Voici trois exercices incontournables pour une routine efficace et équilibrée.
Squats
Placez-vous debout, pieds alignés avec les épaules. Pliez les genoux en gardant le dos droit, comme si vous vouliez vous asseoir sur une chaise invisible. Remontez sans à-coups. Dix à quinze répétitions par série suffisent pour fortifier quadriceps, fessiers et ischio-jambiers.
Fentes avant
En partant debout, faites un large pas devant et pliez les deux jambes pour que le genou arrière s’approche du sol. Revenez à la position de départ et alternez jambe droite et jambe gauche. Visez dix répétitions de chaque côté.
Pont fessier
Allongez-vous sur le dos, genoux fléchis, pieds au sol. Poussez sur vos talons pour décoller les hanches, contractez les fessiers, puis redescendez lentement. Quinze répétitions permettent d’activer les muscles postérieurs, précieux alliés pour soutenir les genoux.
Pour garder en tête les bénéfices de chaque exercice, voici un récapitulatif :
- Squats : Fortifient quadriceps et ischio-jambiers.
- Fentes avant : Mobilisent fessiers et quadriceps.
- Pont fessier : Sollicite fessiers et muscles de l’arrière de la cuisse.
Ces mouvements, validés par l’expérience de terrain de François Grenier, favorisent un meilleur maintien articulaire, limitent l’usure prématurée et offrent une base solide pour progresser sans douleur.
Comment intégrer ces exercices à votre entraînement
Insérer un travail de renforcement et des étirements au sein de son programme de course ne relève pas du casse-tête. François Grenier, kinésithérapeute chez Kinesanté, donne quelques repères pratiques pour transformer ces conseils en routine durable.
Planifier et s’y tenir
Pour que ces exercices portent leurs fruits, il convient de les répartir dans la semaine. Commencez par deux à trois séances courtes de 15 à 20 minutes, et privilégiez la constance. C’est la régularité qui protège sur la durée.
Un rappel sur les moments-clés :
- Avant l’entraînement : Privilégiez les exercices de renforcement pour activer les muscles et préparer les articulations à l’effort.
- Après l’entraînement : Accordez quelques minutes aux étirements pour favoriser la récupération et relâcher les tensions accumulées.
Adapter à ses sensations
Le corps parle : écoutez-le. Si un exercice provoque une gêne inhabituelle ou une douleur persistante, il vaut mieux consulter un professionnel de santé comme François Grenier. Ajustez l’intensité selon votre ressenti, sans forcer inutilement.
Varier pour progresser
Multiplier les exercices permet de solliciter l’ensemble des groupes musculaires utiles à la course. Outre les incontournables squats, fentes et pont fessier, pensez aux montées de genoux ou aux pas chassés pour diversifier les efforts.
| Exercice | Muscles ciblés | Fréquence |
|---|---|---|
| Squats | Quadriceps, ischio-jambiers, fessiers | 2-3 fois par semaine |
| Fentes avant | Quadriceps, fessiers, ischio-jambiers | 2-3 fois par semaine |
| Pont fessier | Fessiers, ischio-jambiers | 2-3 fois par semaine |
Grâce à ces repères, transmis par François Grenier, kinésithérapeute chez Kinesanté, chaque coureur peut bâtir une routine qui préserve ses genoux et prolonge le plaisir d’aller toujours plus loin. La prochaine sortie pourrait bien se faire sans cette vieille gêne qui vous ralentissait.


